Créer un potager dans un camping peut sembler anecdotique, mais c’est une source d’animation, de différenciation et de réponse aux attentes environnementales d’un public urbain en quête de reconnexion avec la terre. L’histoire se répète parfois de manière heureuse : certains campings, comme celui de Sagone en Corse, s’engagent dans cette voie. Doté de 300 emplacements et classé 4 étoiles, ce camping a intégré des clémentiniers, des noisetiers et des plantations diverses, rappelant ses origines agricoles. Son directeur, Ludovic Ingargiola, souligne : « À l’origine, nous étions une ferme, nous le redevenons progressivement. » Ce retour à la terre n’est pas isolé : dans le Languedoc, des vignerons se sont lancés dans l’aventure du camping, mêlant vignoble et hébergement.
Le Domaine de La Yole, dans l’Hérault, l’un de nos clients historiques pendant une dizaine d’années, illustre cette synergie. Pierre Gassier et son équipe ont exploité une centaine de vignes en lisière du camping, produisant des vins appréciés des clients. Une mini-ferme et une auberge complétaient l’offre, mettant en avant les produits locaux. Ce modèle, à la fois remarquable et différent, a séduit les campeurs en quête d’authenticité et de produits frais.
Alors que la demande de foncier maraîcher explose en France, les campings disposant d’espaces inutilisés peuvent investir ce sujet. Comment concilier activités saisonnières et maraîchage ? En proposant des espaces de découverte, des ateliers éducatifs ou des légumes frais pour les clients. Les consommateurs, souvent citadins, recherchent des produits locaux et une expérience immersive. Le succès du Potager Extraordinaire en Vendée, qui a accueilli plus de 35 000 visiteurs en 2023 (+10 % en 2024), prouve cet engouement. Ce parc propose des animations variées, pour sensibiliser petits et grands à la biodiversité.
Les hortillonnages d’Amiens, jardins potagers flottants datant du Moyen Âge, montrent que le maraîchage peut aussi être une attraction touristique. Avec plus de 200 000 visiteurs par an, ces jardins allient production de légumes, biodiversité et patrimoine culturel. On en retrouve également autour de Péronne.
Les avantages d’un potager au camping :
- Attraction écologique : pour les citadins en quête de nature et d’activités en plein air.
- Activité éducative : pour les familles, sans les contraintes d’une ferme animale.
- Production de légumes frais : pour une expérience visuelle et gustative, au restaurant ou en vente directe.
- Dimension relationnelle : entre l’équipe et les clients, favorisant la convivialité.
- Engagement durable : valorisant une démarche écologique.
- Valorisation de l’espace : en utilisant des terres disponibles et en les enrichissant par le compost.
- Réduction des déchets : en compostant les déchets organiques de la cuisine.
Comment commencer ? Un petit potager de 20 à 40 m², avec des plantes aromatiques et des légumes emblématiques, est un bon point de départ. Même si le cycle végétatif ne correspond pas toujours aux séjours des vacanciers, des panneaux explicatifs peuvent informer sur les différentes étapes de croissance. Une dizaine de personnes peuvent y participer lors d’animations encadrées, comme le font déjà certains campings, tels que Les Sablons à Portiragnes.
Intégrer un potager dans un camping est une opportunité pour enrichir l’expérience client, se différencier et s’inscrire dans une démarche durable. Ce projet, à la fois ludique et pédagogique, répond aux aspirations contemporaines de reconnexion à la nature et de consommation responsable. Une initiative qui, comme le dit Jim Harrison, rappelle que « seule la terre est éternelle ».

