On entend dire que tout va mieux du côté du tourisme espagnol, notamment au regard des capacités d’extension. Qu’en est-il ? Avec plus de 7 400 campings en 2025, la France reste le premier parc européen, représentant près de 30 % de la capacité totale. Le secteur génère 141 millions de nuitées par an, attirant une clientèle majoritairement familiale, nationale et internationale, surtout sur le littoral. Cependant, le nombre de campings diminue légèrement depuis 2019 (1 600 fermetures en 20 ans), en raison de contraintes réglementaires et environnementales croissantes, ainsi que d’un manque d’investissement dans les petits campings. La création de nouveaux sites est très faible, mais la modernisation et la montée en gamme (glamping, hébergements atypiques) progressent, avec une hausse du chiffre d’affaires de 4 à 6 % par an. Le secteur emploie 50 000 personnes et pèse plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Un cadre réglementaire français rigide
La loi ZAN (Zéro Artificialisation Nette) limite fortement les nouvelles installations, imposant une compensation écologique pour toute artificialisation. Les exceptions sont rares et encadrées. Les assouplissements récents (loi TRACE, 2025) permettent aux communes de dépasser leurs enveloppes ZAN de 20 à 30 %, mais les projets restent complexes, surtout en zones sensibles. Les rénovations et modernisations sont plus faciles, à condition de ne pas augmenter l’artificialisation des sols.
L’Espagne : croissance dynamique, mais parc limité et réglementation décentralisée
L’Espagne compte 1 252 campings en 2024 (+5 % depuis 2019), avec une capacité en hausse de 2 %. La fréquentation et le chiffre d’affaires progressent, portés par une clientèle internationale et des investissements privés dans l’innovation (glamping, écologie). Les 170 000 emplacements accueillent 10 millions de personnes, générant 50 millions de nuitées (+1,34 % en 2025). Les campings espagnols, bien que moins nombreux qu’en France, sont en moyenne plus grands et emploient 10 000 personnes.
Une réglementation espagnole flexible, mais locale
Chaque Communauté autonome définit ses propres règles, offrant une certaine flexibilité. Les créations de nouveaux campings restent rares, mais les rénovations et reprises par des groupes (souvent français) sont fréquentes. L’absence de fichier national complique l’analyse, mais les investissements privés et l’innovation dynamisent le secteur.
Conclusion : en France, la création de campings est freinée par des contraintes strictes, mais la modernisation de l’existant offre des opportunités. Le marché reste solide, avec une demande stable. En Espagne, la décentralisation réglementaire et la flexibilité locale favorisent les investissements et l’innovation, attirant de plus en plus d’acteurs européens. L’avantage initial de la France au regard de sa position géographique plus proche des marchés émetteurs semble aujourd’hui remis en question par le développement aérien, bien supérieur en Espagne.

