De l’oenotourisme à l’oenogastronomie

Depuis les 15 ans du cabinet Emotio Tourisme, environ 10% de nos missions ont porté sur l’oenotourisme. Certaines avec un poids particulièrement sensible : élaboration du Schéma régional de l’oenotourisme de Bourgogne-Franche-Comté, stratégie oenotourisme de la région Rhône-Alpes, étude de faisabilité, positionnement, programme du site Néovinum pour l’Uvica en Ardèche et aujourd’hui, programme complet pour le Château de Monbazillac. En outre, conférences, écrits, accompagnements collectifs et formations, ont marqué notre attachement au sujet. Il faut dire que nous venons de loin sur l’oenotourisme, avec une première expérience en 1999 pour l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest et l’édition d’un Guide du Routard, mais c’est une autre histoire. Comme celle du grand oncle de François Perroy qui était maître de chai à Sauternes (livre Sauternes, A study of the great sweet wines of Bordeaux par Jeffrey Benson and Alastair Mackenzie). Ou les divers beaux livres que nous avons écrits avec l’éditeur Glénat pour Corton et Corton Charlemagne, ou encore Bouchard Père et Fils. On ne se refait pas !

De l’atavisme au conseil

Nous avons récemment relu les pérégrinations de Kermit Lynch, caviste californien qui sillonne la France depuis des décennies à la recherche de vins d’excellente tenue. Son ouvrage Mes aventures sur les routes du vin peut-être considéré comme un voyage oenologique au plus près des terroirs et de quelques propriétés bien, qu’il ne soit en rien lié à l’oenotourisme. Ce caviste raconte avec humour ses visites, ses rencontres, échanges et dégustations dans des caves à l’ancienne, avec de fortes têtes engagées dans des recherches et facilitations des mystères des terroirs, de la vigne, de la météorologie, de la manière de conduire la vigne et d’élaborer les vins.

Les plus rebutants de nos vignerons ont sa faveur, leur engagement se révélant dans l’expression de leurs vins. Froidement il tient à distance certains vignobles et vignerons dont il n’apprécie pas le tapage. Il décrit des rencontres, parfois mutiques avec des vignerons taiseux, voire désagréables, mais dont les vins se révèlent être des prolongements exquis de leur existence. Quelles narrations et quels voyages dans cette France jonchée de domaines ! Kermit Lynch ne nous parle pas d’oenotourisme, pourtant il en est un excellent acteur, auteur et contributeur économique grâce aux volumineuses exportations de vins français qu’il a conduites aux Etats-Unis. Le relire alors que nombre de ses écrits datent des décennies 70, 80 et 90 (ouvrage publié en 2003) nous replace dans le monde viticole et vinicole d’avant les investissements oenotouristiques. C’est en cela que son texte est passionnant. Quelles évolutions depuis ! L’accueil des visiteurs et avec lui, les architectes, les marketeurs, les pros du tourisme sont désormais entrés dans les domaines. L’oenotourisme est devenue une réalité, un marché, comme l’ont été d’autres grands secteurs fondateurs du tourisme français. Il nous semble que la nouvelle orientation porte sur une contraction de l’oenotourisme avec la gastronomie, une forme d’oenogastronomie.

5 étapes

1 – L’accueil à la propriété en vue de déguster et d’acheter du vin n’est pas un élément touristique nouveau. Il accompagne l’urbanisation de la société française, l’essor de l’excursionnisme et du tourisme automobile. La création de la route des vins d’Alsace en 1953 signe ce développement qui servira de modèle à de nombreux vignobles français.

2 – Une deuxième étape naît dans les années 1990 et 2000 avec l’élaboration de chartes d’accueil dans les territoires touristiques dotés de vignobles. De Vignes en Caves en Bourgogne, la charte des vignerons des 17 appellations constitutives de l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest et bien d’autres, maillent le territoire français. Mondes de la vigne, du vin et institutionnels du tourisme unissent leurs actions.

3 – A la même époque un visionnaire, Georges Duboeuf imagine le Hameau Duboeuf pour « révéler les coulisses d’une scène mal connue : celle de la vigne et du vin ». Des investissements privés s’organisent pour accueillir de manière professionnelle et marier gastronomie, tourisme et vins : le Relais & Châteaux Cordeillan-Bages, la rénovation du village des Bages sous l’initiative de Jean Michel Cazes en 2003. Ils ne sont pas les seuls, d’autres agissent également constatant une évidence jusque-là restée discrète : les terroirs, les vignes et les vins participent de l’art de vivre à la française. La culture du vin et le tourisme peuvent se marier.

4 – Dans les années 2000 l’envol est pris : partout en France on s’intéresse au sujet que l’on nomme communément oenotourisme. Des schémas de développement de l’oenotourisme, impulsés par des régions, des départements, en lien avec les offices de tourisme, les vignerons et négociants, des hébergeurs, des prestataires d’activités assemblent leurs forces pour créer des dynamiques territoriales en vue de faire connaître aux touristes en séjour les richesses des vins français. Le mouvement est pris, il ne s’arrêtera plus. Après ses missions littorales, ses plans montagne, la France valorise son incroyable et compliquée diversité en matière de vignes et de vins.

5 – Dans la décennie qui vient de s’achever, les efforts ont été poursuivis à grands renforts d’investissements : domaines privés, caves coopératives, tout le monde ou presque s’est engagé dans l’oenotourisme, le public ne peut plus ignorer qu’il existe des formes de tourisme et de loisirs autour du vin. Les collaborations territoriales se sont renforcées avec le déploiement du label Vignobles & Découvertes.

Depuis les écrits de Kermit Lynch, le monde français du vin a mué de manière considérable. Les exportations de vins et d’eaux de vie ont doublé en 15 ans. Et on estime que 10 000 caves touristiques sont fréquentées par plus de 10 millions de visiteurs par an.

Ancrage et hybridation

Deux éléments ont consolidé cette fantastique aventure :

– la compréhension et la traduction du fait que la vigne et le vin font bien plus qu’un ensemble de produits du terroir à vendre : si au début et encore pour beaucoup de vignerons, l’oenotourisme a été un moyen de diversification commerciale, il est apparu qu’il était bien plus que cela. Il fait appel à l’histoire, à la culture, aux traditions, à la passion, à la connaissance, à l’art de vivre. Il sert l’image et accompagne la modernisation de la filière ;

– la rencontre avec des pratiques conduites ailleurs : l’oenotourisme français a connu une forme d’hybridation avec l’adoption et l’adaptation de nouvelles manières de le concevoir, issues des conceptions américaines et qui ont essaimé dans le monde, avec pour premier port d’ancrage en Europe, la Rioja en Espagne. Des beaux navires architecturaux, mariant chais spectaculaires, points de vue, espaces d’accueil et de dégustation design sont apparus. Les investissements ont flambé et aujourd’hui surgissent régulièrement en France de nouveaux gestes architecturaux.

Une segmentation de l’offre

 

Le vin et sa puissance évocatrice se nourrissent d’architecture, de paysages modelés, d’équipements techniques, mais aussi de films, de littérature, d’expériences et surtout d’apprentissage de la dégustation et de mariage avec des cuisines variées. Le domaine R.Lopéz de Heredia en Rioja (Espagne), moderne lors de sa création à la fin du 19ème siècle, préfigurait déjà une conception d’ensemble.

Parfois ampoulés dans leurs configurations et design, les nouveaux lieux de l’oenotourisme sont le fait d’une alliance d’architectes, de scénographes, de marketeurs et de vignerons ou professionnels du vin convaincus de la même idée : la célébration.

Si le marketing a poussé l’oenotourisme américain vers le succès qu’on lui reconnaît (20 millions d’adeptes en Californie, principalement au Nord de San Francisco, pour une population d’environ 8 millions d’habitants dans la Baie de San Francisco), c’était pour faire connaître le vin à cette population américaine. En lui fournissant des éléments lui permettant de se construire une culture, elle pouvait noter les vins ET les prestations touristiques, faciliter le gain de titres dans les guides et les manifestations mondiales.

L’idée géniale des vignerons du Nouveau Monde a consisté à développer l’oenotourisme pour asseoir son image en comblant ce qui lui faisait défaut : le terroir ancien, le patrimoine, l’histoire et notamment la géographie des vignobles et des villages européens. Ce modèle déteint aujourd’hui sur nos rives de l’oenotourisme français, déjà riche de l’histoire des villages, des vignobles, de la culture et du patrimoine. Une synthèse s’opère et donne naissance à de nouveaux sites captivants.

D’un accueil discret, car seuls la terre, sa ville et son enfant, la vigne et le vin, savaient parler, l’oenotourisme français occupe maintenant un spectre plus large. Ces nouveaux sites d’accueil ont déplacé le curseur de l’oenotourisme.

On y trouve aujourd’hui :

– des propriétés proposant des prestations simples d’accueil et de dégustation : l’offre oenotouristique dominante en France

– d’autres combinant des activités de découverte des mystères des terroirs, de la vigne et des vins, voire des activités de pleine nature (différentes formes de balades) : une attente claire des publics

– des sites proposant des hébergements, formules de restauration et de bien être pour les plus aboutis

– des sites proposant tous les services précédents et soutenus par des investissements puissants en matière d’art et d’architecture, les images sont somptueuses, le luxe est une signature : Château La Coste en Provence ou Les Sources de Caudalie en Bordelais par exemple

– des musées et lieux de découverte, soit associés à un domaine, à une coopérative ou un négoce, soit portés par une collective ou des mécènes privés : la muséographie et la scénographie en point d’orgue

– des cavistes, restaurants et hébergements marchands qui poussent à la rencontre avec des vignerons locaux : le hub, le maillage, l’Office de Tourisme déporté chez les professionnels du vin et de la restauration

– des événements de plus ou moins grande importance : La Percée Jaune, Bordeaux Fête le Vin…

Et une affirmation durable se fait jour dans de nombreuses entreprises par conviction des acteurs. Elle participe également de la construction d’un nouvel oenotourisme fait du respect des sols, des entrants, des process, des clients et bien entendu de la planète.

A ce stade, il nous semble que l’ancrage de l’oenotourisme ne peut se revendiquer que s’il porte en lui une relation directe avec un éleveur de vigne un faiseur de vin engagés. Point d’engagement humainement attachant sans cette relation directe avec l’art et avec le respect du temps long et de la précaution de notre environnement.

Pourquoi ?

– Parce que le terroir doit dominer le marketing

– Parce que la visite dans une propriété ou une cave n’est réussie que si la rencontre avec l’autorité a lieu dans un cadre enthousiasmant mais respectueux de la terre et de son usage

– Enfin, parce que la parole divine est attendue pour célébrer le vin et la valeur qu’on lui accorde, préalable à la dégustation

Mais plus encore, nous croyons désormais que l’oenotourisme doit davantage se marier à la gastronomie dans les pays de vignes. Il s’agit de se projeter dans un oenotourisme immersif, une sorte d’oenogastronomie à même de célébrer les vins et les produits du terroir, les savoir-faire d’élaboration au service des palais.

Cette oenogastronomie sera probablement la prochaine étape de l’oenotourisme français. C’est l’une de nos convictions qui rejoint nos motivations lorsque nous travaillons sur le terrain à l’essor de projets oenotouristiques avec nos partenaires pour livrer des sites et des moments qui servent les terroirs et ravissent les publics. Consultez-nous !

 

 

Etudes, conseils, créativité en tourisme

Créé en 2007, Emotio Tourisme est un cabinet d’études en tourisme, loisirs et patrimoine. Membres du CINOV et d’ATD, nous réalisons des missions d’études pour développer le tourisme. Implantés à Bordeaux, nous agissons partout en France, parfois à l’étranger sur des formats courts (des missions flash pour décider et agir rapidement) et longs (études stratégiques territoriales). Nous conduisons aussi des missions de suivi en développement d’acteurs privés.

Avec plus de 400 missions conduites, des partenariats solides et reconnus, nous intervenons principalement sur des missions de stratégie touristique territoriale, de positionnement de produits et de destinations, de contenus narratifs et muséographiques. Destinations touristiques, hébergements collectifs, campings, entreprises de l’oenotourisme et des produits du terroir sont nos clients. Consultez nos consultants pour parler de vos projets.

Formats courts et études stratégiques

Chez Emotio Tourisme, nous réalisons à la fois des formats courts rapidement opérationnels et des études stratégiques. Nous avons mis au point un module d’accompagnement à l’oenotourisme qui se déroule en deux jours. Pour cela nous agissons avec notre partenaire expert André Deyrieux du Sud-Est. Positionnements, expériences, créativité collective, argumentaires de destinations… voilà des formats courts.

Etudes stratégiques territoriales en faveur du développement du tourisme, études d’opportunité et de faisabilité, stratégies d’entreprises, diagnostics, stratégies de territoires, positionnements, plans d’actions pour des offices de tourisme et institutions publiques sont dans nos gènes. Interrogez-nous et nous répondrons avec nos compétences internes avec François Perroy, Audrey Le Helloco, Camille Huc et Frédéric Aguilar. Ou bien avec nos partenaires habituels, reconnus et appréciés.

 

Les campings et Emotio Tourisme, un engagement au long cours

Nous sommes tombés dans la marmite des campings et nous adorons y baigner. Que dire de plus : des études et conseils de positionnement, de requalification, de développement des produits et services, des schémas de développement, des études pour des implantations de nouveaux hébergements, nous disposons de nombreuses références. Et nous sommes toujours en veille sur le sujet, veille que nous partageons avec nos partenaires du magazine mensuel professionnel Décisions.

L’évolution du secteur est forte avec l’appétit de grands groupes.

Ces groupes économiques et financiers confortent la structuration du réseau, amorcée lentement avec les chaînes commerciales volontaires et historiques. Avec au minimum 12% des campings, ces deux types d’opérateurs représentent la moitié du CA de l’HPA française.

L’hôtellerie de plein air française compte moins de 8000 terrains de camping qui offrent 900 000 emplacements. Elle représente 49,7% des lits marchands de France (2 735 000 lits sur 5,5 millions dans cette catégorie marchande). La place du camping est donc déterminante dans le secteur marchand ! Mis en parallèle avec l’hôtellerie et les locations meublées, le camping ne représente que 6% des voyages des Français (au sein des 34% des voyages effectués en séjour marchand pour 66% en séjour non marchand). En revanche, il compte bien plus puisque il représente 9,9% du total des nuitées. Sa contribution économique est également soulignée au regard de la durée moyenne des séjours qui est parmi les plus élevées avec 8,1 nuitées.

Des affaires familiales

Une constante demeure : l’offre est toujours atomisée à environ 110 emplacements par camping. Il existe moins de 300 campings offrant plus de 400 emplacements. Jusqu’à récemment, ce seuil était jugé minimal par certains groupes. Aujourd’hui ils s’intéressent à de plus petits campings en fonction de l’attractivité de leur localisation. Au niveau national, la moitié de la capacité d’accueil est occupée par des emplacements de type loisirs et locatifs. 80% des campings sont en gestion privée.

La profession compte une cinquantaine d’organisations de campings, dont des chaînes commerciales historiques et des groupes intégrés. Mais aussi des mix combinant des activités de TO et d’OTA. Les chaînes commerciales volontaires fondent leur union sur la mutualisation des expériences des exploitants et sur des moyens, notamment promotionnels. Elles confèrent à leurs membres l’indépendance en matière de gestion.

Les groupes intégrés possèdent les campings en propriété mais parfois ils gèrent des campings propriétés de collectivités.

Les TO, s’appuient sur un modèle ancien reposant sur un mélange d’activité :

  • location d’emplacements nus et installation de leurs propres hébergements locatifs,
  • achat de linéaires sur le parc locatif de l’exploitant,
  • parfois gestion en direct de certains campings et activité de TO sur d’autres au sein du groupe.

12% des campings mais la moitié de la capacité d’accueil

La lecture de la puissance de ce parc est donc délicate. Elle l’est d’autant plus que tous les opérateurs ne révèlent pas tous leurs chiffres relatifs à leur gestion propre : les CA, les emplacements et volumes locatifs ainsi que les nombres des campings possédés ne sont pas toujours clairement différenciés dans les communications extérieures. Les comparaisons et additions peuvent s’avérer imprécises.

On note 3 leaders dans les groupes intégrés, en nombre de campings, d’emplacements et de CA : Capfun, EGC, Vacanceselect Group. Les chaînes volontaires historiques comptent 4 leaders : Yelloh Village, Airotel, Sunelia ainsi que la récente fusion Castels Camping et Sites et Paysages.

Les RVEPAR (revenus par emplacement) sont inégaux selon la structure des réseaux : chaînes, groupes et TO. Sur la durée, on constate une tendance à la stagnation dans les chaînes commerciales au regard des opportunités de vente à des groupes intégrés. Le nombre de leurs adhérents est souvent stable. Aujourd’hui, les groupes ont pris l’ascendant et inquiètent les exploitants privés de petits établissements qui estiment fréquemment ne pas pouvoir lutter et persister au regard des moyens requis pour maintenir une visibilité dans l’univers concurrentiel de l’HPA française. Mais avec 124 millions de nuitées, le marché demeure vaste et extrêmement porteur.

Le poids des groupes intégrés est à ce stade sous-estimé au regard des prudences que nous venons de formuler avec 555 campings cumulés dans les groupes (nos propres études au 31 janvier 2019), 133 000 emplacements nus et 50 000 emplacements locatifs. Cet ensemble pèse un CA de 660 millions d’euros.

Les chaînes commerciales historiques, avec 439 campings pour 90 000 emplacements nus, 39 000 locations, assurent un CA global de 587 millions d’euros. En cumul, ces deux pôles représentent 994 campings (en réalité plus car des réseaux plus confidentiels ne figurent pas dans ce volume), soit plus de 12% de l’HPA française.

Ils comptent pour 223 000 emplacements nus, soit 28% du total des emplacements français, mais la moitié des emplacements nus des campings français ! Ils représentent 89 000 locations et un CA de 1,247 milliard d’euros. C’est sur ce point que l’on mesure l’impact des groupes intégrés et des chaînes commerciales volontaires : ils assurent la moitié du CA total de la profession à 2,5 milliards d’euros !

Ce que nous pensons pour le futur

Un développement de l’intérêt des grands groupes pour des campings de plus petites dimensions, échelle des 150 à 200 emplacements. Et simultanément, une affirmation de plus en plus sensible des publics pour des campings authentiques, dotés d’emplacements nus et d’une vérité des services et des prix en accord avec des besoins simples. Et dans le même temps, un maintien de grands campings familiaux qui ont toujours innové et porté au plus haut les qualités de l’hôtellerie de plein air française.

 

 

 

 

 

Et vos projets s’éveillent

Emotio Tourisme est votre cabinet d’ingénierie et conseils dans l’univers du tourisme, de la culture et des voyages, pour bien adapter vos offres à la révolution en cours dans le tourisme et le transport. Messageries instantanées, économie collaborative, intelligence artificielle, reconsidération de la place de l’humain dans la chaîne de valeur touristique, contenus narratifs digitaux, développement durable, nouvelles pratiques en matière de restauration et de transports, nouveaux positionnements, produits et services, transformation des sites de visite et d’hébergement… nous vous aidons à y voir clair et à agir fort.

Notre métier de consultant ne consiste pas à appliquer des méthodes marketing et de management sur votre projet. Nous nous immergeons dans votre structure et destination, dans votre culture métier, nous détectons des points d’appui et ouvrons de nouvelles voies à partir desquelles vous innovez. Nos réponses sont du cousu-main. Nous nous revendiquons comme des artisans, responsables de nos études et recommandations. Si vous le souhaitez, nous pouvons vous accompagner dans la mise en oeuvre : nos recommandations nous engagent. Vos activités s’ouvrent à des innovations et gagnent en visibilité et intérêt.

Création et enrichissement de projets, conditionnalité et faisabilité de réalisation, accompagnements à la mise en oeuvre, convictions des associés et financeurs, mises en perspective des nouveaux besoins des nouveaux clients, tout cela caractérise notre ADN que nous mettons à votre disposition.

Emotio Tourisme existe depuis 2007 et a conduit plus de 300 missions.

Lisez ce qu’en disent deux de nos récents clients.

« François Perroy  m’a été recommandé par Provence Tourisme pour réaliser une étude sur les potentialités de développement local de Barbentane, joli petit village provençal de 4 200 âmes, injustement méconnu. J’ai été très agréablement surpris de la qualité du travail qu’il a réalisé. L’équipe municipale au moment de la restitution également. En effet, au-delà des compétences techniques que M.Perroy maîtrise sur le bout des doigts et de sa grande expérience, M.Perroy nous a remis une liste de préconisations particulièrement précises et pertinentes adaptées à la réalité du village. En couture, on dirait que c’est du sur-mesure !

 Je recommande Emotio Tourisme pour toutes les communes qui souhaitent disposer d’une belle boîte à outils pour développer le tourisme local ».

Jean-Christophe Daudet, Maire de Barbentane, Vice-Président de Terre de Provence Agglomération délégué au tourisme.

« L’agence Emotio nous a accompagné pour notre second plan marketing nécessaire pour concrétiser l’élargissement de notre territoire. Les attentes étaient très grandes tant de la part des élus que des autres acteurs locaux. L’agence a su relever avec brio toutes les contraintes : calendrier, partenaires multiples, pédagogie pour certains territoires et surtout caractère opérationnel immédiat des prescriptions. En tant que directeur de cet officede tourisme (Vallée de la Dordogne), je me réjouis de la méthode mise en place qui a permis, conformément aux souhaits des décideurs de permettre aux prestataires locaux de s’exprimer et aux côtés des techniciens de contribuer efficacement à ce travail. Le rendu détaillé grâce à des fiches actions a permis par ailleurs une appropriation rapide de ce travail par le plus grand nombre ».

Yves Buisson, Directeur Général, Office de Tourisme de la Vallée de la Dordogne.

 

Le temps long crée du bonheur

Nous vivons sous le règne d’une chronométrie qui crée de l’urgence, pour tout y compris pour le superflu. Nous sommes atteints « d’accélérite » selon Christophe André, psychiatre et auteur. La vitesse est programmée comme l’une des composantes essentielle du travail : la rentabilité est liée à l’exécution rapide de tâches. Certains métiers y échappent, mais ils sont rares : métiers d’art, métiers en lien avec la nature… Smartphone, ordinateur, assistant vocal domestique : toutes les technologies numériques visent, au-delà des services réels qu’elles nous fournissent, à satisfaire nos fantasmes de démultiplication. Ici et ailleurs, connectés en continu, amis avec la masse, rien de tout cela n’est dans la vraie vie. Et certainement pas le temps des vacances qui n’a pas besoin de nous expulser d’un toasteur pour que nous soyons heureux.

Cette immédiateté crée une tension permanente en forte accélération avec l’apparition et l’attente de nouvelles solutions technologiques. Sécrétées de plus en plus souvent, les hormones du stress, comme le cortisol, l’adrénaline, la catécholamine nous donnent l’impression d’être submergés. Le bruit est désormais permanent dans nos métropoles : dans nos appartements et maisons, dans les rues, au travail, des fêtards du soir aux éboueurs du petit matin, la nuit devient de plus en plus courte.

Selon le sociologue Jean Viard « nous sommes entrés dans une civilisation du temps long et du travail court ». Nous vivons en moyenne 700 000 heures, soit 200 000 de plus qu’il y a un siècle. Un paysan travaillait alors 200 000 heures. Aujourd’hui nous travaillons 70 000 heures et nous étudions 30 000 heures. Avec un sommeil qui nous prend 200 000 heures, il nous reste donc un temps important de 400 000 heures à occuper. Nous l’investissons plus ou moins bien selon nos contraintes. Et elles peuvent être nombreuses : temps de route pour se rendre au travail (50 km en moyenne par jour et par salarié en France), contraintes éducatives des enfants, santé, temps consacré aux achats, au ménage, aux démarches administratives. Cependant, en moyenne, il nous reste du temps pour nos loisirs et là, les différences sont majeures selon l’éducation, le pouvoir d’achat, notre position sociale.

Le juste temps plutôt que le juste à temps

 

Aussi nous n’acceptons plus de perdre du temps : nous avons gagné en autonomie au fil des décennies et alors que nous avons gagné 20 ans de vie en France depuis 1900, mais nous sommes repris en main par les messages continus de nos outils numériques qui créent un sentiment permanent d’urgence. « Ce n’est point le temps qui manque, c’est nous qui lui manquons » disait Paul Claude, dramaturge, poète et diplomate. Il est vrai que la richesse inépuisable du monde nous indique qu’une vie entière ne saurait suffire à l’explorer. A la spécialisation d’un art, nous préférons de plus en plus les micro- séquences exploratoires et la frustration qui va avec le fait de ne pouvoir tout faire, tout vivre.

En réponse, des solutions apparaissent comme le slow tourisme. Né en Italie dans les années 1980 en réaction au projet d’installation d’un fast food place d’Espagne à Rome, le mouvement slow se décline dans diverses sphères de notre vie : l’alimentation, la production artistique, les déplacements de proximité qui deviennent doux, la sexualité dont la lenteur est un art sensuel, les loisirs. Le ralentissement offre un épanouissement, une belle expérience du fait d’être, d’agir et de maîtriser son temps.

Rêver, bailler, nous détendre, deviennent des temps rares au quotidien or notre corps en a besoin. Ralentir c’est ressentir : le calme, c’est ici et maintenant pour apprendre à ne pas réagir, mais à agir. Les médecins considèrent que deux semaines de vacances sont nécessaires pour retrouver une forme de lenteur et réveiller nos hormones du plaisir.

Gardez présent à l’esprit et communiquez-le largement que le vrai luxe aujourd’hui, c’est le temps pour soi, pas l’espace, pas la valeur pécuniaire des biens. Le moment a une vraie valeur et c’est lui que vous devez vendre. L’étude annuelle Google Travel révèle de plus en plus l’importance des micro-moments.

Et s’il faut retenir une idée forte du temps long et du plein air associé, elle nous vient de l’écrivain Robert Louis Stevenson, l’auteur de l’Ile au trésor : « le dehors guérit ».

C’est aussi dans cet esprit que nous avons produit des contenus orientés sur le sujet au cours des derniers mois :

  • le Manifeste des ET14 est une contribution collective en partie axée sur le sujet
  • le Passeport du Voyageur Citoyen du Monde, également contribution collective et que nous avons exposé lors d’un colloque Aida-Irest en décembre 2018 à Paris, y contribue, on peut relire mon article sur etourisme.info
  • De même que nos récents articles sur le blog etourisme.info et celui-ci consacré à l’éthique et au numérique

Destinations touristiques : penser la mobilité locale

Emotio Tourisme, cabinet d’étude et de créativité en tourisme, loisirs, culture, traite de plus en plus de sujets liés à la mobilité, par le prisme du digital et du local. Après l’intelligence collective augmentée et à vitesse accélérée, qui caractérise notre société et le développement des Organisations de Gestion des Destinations, voici venu le temps des espaces physiques dotés de cerveaux et de systèmes nerveux. Ils vont révolutionner les conditions d’accès et d’évolution touristique. Nous pensons évidemment à l’Intelligence Artificielle, mais dans le cas présent, davantage aux transports.

La voiture électrique et connectée et les autoroutes qui vont l’accompagner constituent l’un de ces sujets qui vont bouleverser nos manières de penser le tourisme. Nous avons très récemment abordé ces aspects en différentes occasions :

  • Conclusion du Cahier Tendances 2017 du Welcome City Lab
  • Conférence pour le GIP Littoral Nouvelle Aquitaine
  • Conférence pour l’Office de Tourisme du Grand Tourmalet
  • Conférence sur le tourisme dans 20 ans pour les Francophonies de l’etourisme à la Réunion

Voies dédiées aux véhicules électriques, connectés et autonomes = destinations qui le seront tout autant. Nous ne comprendrons pas que la longue distance facilitée se traduise par une faible distance compliquée. Or c’est ce qui se passe aujourd’hui avec l’accumulation des embouteillages pour les derniers km et l’absence de conditions de transports performants.

La fin des panneaux de signalétique pour les conducteurs doit être pensée. De même que des voies spécifiques pour les marchandises et pour les véhicules autonomes et connectés, doit être envisagée sur des routes connectées.

Au-delà de l’auto, c’est tout le système des transports qui doit être reconsidéré par les destinations touristiques. Les exemples de Portland et Vancouver aux Etats-Unis sont assez probants sur le sujet avec des affichages nudge très parlants.

A la vitesse et à la sécurisation accrue du transport, couplée à la réduction des gaz, va s’ajouter une autre dimension qui nous conduira vers un mode de vie et de temps de loisir augmenté. Mais pour cela, dès maintenant, il convient de s’interroger sur les tenants et perspectives de la formidable Renaissance à laquelle nous assistons dans les transports.

Nouvelles méthodes collaboratives

A la vitesse des flux numériques, dont les corollaires sont l’uniformité des outils et le mimétisme de la production et du partage des contenus, doit s’envisager une nouvelle collusion intellectuelle pour penser l’impensable, pour forcer à l’action rapide les décideurs, pour passer de l’accélération supersonique dans les technologies à la maïeutique humaine reposant sur des cultures métiers, modes de pensée, et utilisation de différentes langues.

Les smart cities et smart destinations vont modifier la manière de penser le développement touristique. Convaincus de cela, à Emotio Tourisme, nous abordons les sujets avec des manières nouvelles qui ne traitent pas seulement de l’offre et de la demande, du produit et de son marketing. Nous sommes de plus en plus adeptes du slow tourisme pour poser de vrais temps de réflexion face à l’accélération et à la tendance à la reproduction des pratiques. Nous testons et utilisons de nouvelles méthodes avec nos clients, de plus en plus souvent réunis en tant que contributeurs : analyses concurrentes, séminaires en déambulation, échanges radicaux… Nous allons jusqu’à démonter des demandes et schémas de pensée par trop établis pour réinventer des solutions et investir des voies nouvelles adaptées.

Eloge du marketing à façon

Des études, de l’expertise, du conseil en marketing, c’est ce que fait Emotio Tourisme. Cabinet indépendant et artisanal, nous agissons comme un laboratoire d’idées pour enrichir les terres touristiques et culturelles. Nous considérons le marketing comme un état d’esprit, comme un mouvement perpétuel, aussi régulier que le rythme des saisons, aussi inattendu que la météo océanique. De ce modeste think tank délégué, mis à disposition de nos clients, nous tentons de faire germer des remises en question conduisant à des repeuplements fructueux, riches en pousses nouvelles.

Dans les missions de stratégies territoriales, les positions de chaque corps professionnel, les règles de fonctionnement entre eux, les enjeux budgétaires, les investissements à moyen terme déterminent la forme et l’épaisseur des nouveaux limbes pour qu’ils capturent au mieux l’énergie locale. Objectif : assurer une photosynthèse touristique réussie. Les habitants ont toute leur place dans ces challenges de régénération locale.

Dans les missions marketing, plus que la méthodologie, nous conduisons des stratégies adaptées et portées par les humains en place. Nous proposons des solutions originales nourries de sessions de benchmarking participatif, de séances de créativité, de challenges posant les incidences envisagées pour les choix stratégiques et opérationnels.

Nous sommes vigilants quant à la valeur perçue par les parties prenantes, locaux et voyageurs, nous incitons à intensifier l’expérience vécue, par les offreurs et par les bénéficiaires. Loin des mots creux, des concepts difficiles à appliquer et peu perceptibles par les citoyens, nous semons du marketing territorial, nous huilons les machines marketing, nous raccourcissons les processus. Au final, nous travaillons pour l’humain car c’est en lui que nous croyons.

Le tout, en position d’acteur artisanal, proposant du particulier, inspiré par nos expériences professionnelles, par nos rencontres et lectures et par nos aventures entrepreneuriales.

Photo : Victoria Palacios, unsplash.com

 

De l’engagement et du coeur

L’étude et le conseil sur un projet d’ampleur touristique, territoriale et culturelle tiennent à chaque fois d’un processus proche de l’acte d’amour. Si, si, nous pouvons l’affirmer ainsi ! Le terrain géographique du sujet, son histoire, sa composition, sa nature, ses commanditaires, tout cela en fait une nouvelle attraction.

On s’en empare, on l’épaule, puis on le prend à bras le corps. Alors on le façonne. On peut en faire une obsession car le temps énoncé au début du projet n’est qu’une indication mais pas un marqueur de l’aventure qui s’engage. Il nous arrive de polir la pierre pour la rendre précieuse, enviable, désirée.

L’histoire des civilisations montre le caractère définitivement imparfait des productions humaines mais il n’empêche, il nous faut aller jusque là où l’on peut faire bouger les choses. Jusqu’au moment où l’on peut se dire que la solution à déployer sera meilleure après notre engagement d’artisan créateur en nouveautés touristiques et culturelles. De la création de projets à leur germination, tant d’opportunités nous attendent pour inventer et générer ensemble des sources d’étonnement, d’intérêt et de richesses pour les publics.

Nous vous souhaitons une très belle année 2018, pleine d’engagements.

 

Fiche produit : comment prendre l’avantage ?

En détaillant réellement votre offre sur votre site web

L’analyse des sites d’e-commerce offre une mine d’informations sur les conditions de visibilité et de transformation des lectures en comparaison, puis en achat. Dans l’ensemble, le secteur touristique est encore très en retrait des recettes éprouvées par les plus grands. Pour mieux comprendre et vous conseiller, nous avons d’abord lu la construction d’une offre chez Amazon, puis nous avons élaboré une grille d’enrichissement de vos produits. Nous avons poussé l’expérience, n’oubliez pas au final de trouver le bon dosage entre simplicité et argumentation.

Voici une recette en 10 points pour rendre vos offres bien plus commerciales. Alors si vous refondez votre site web, c’est le moment de bien réfléchir à enrichir vos produits : chambres, emplacements, locations, produits d’activités… N’hésitez pas à organiser dans votre site web des carrefours commerciaux vendant vos autres produits : réservation de packages d’activités ou de demi-pension par exemple ou encore produits du terroir. Attention : faites au mieux, n’y perdez pas votre temps, ni celui de vos prospects ! Voici donc un prototypage possible pour construire vos fiches produits à la manière par exemple d’Amazon. Nous avons pris l’exemple d’un hébergement en mobil-home dans un camping, mais cela fonctionne de la même manière pour un hôtel ou une prestation de loisirs.

10 conseils pour présenter vos offres

La qualité de l’information et son originalité attirent l’attention et donnent confiance.

  1. Adressez-vous directement au prospect en tant que client quasi acquis : vous allez vraiment bien dormir dans ce mobil-home / vous vous sentirez comme dans votre jardin…
  2. Mettez en scène vos produits pour que le prospect s’y projette comme dans la vie réelle : votre famille appréciera ses petit-déjeuners en plein air sur cette terrasse en bois / c’est en buvant votre café et laissant dormir le reste de votre tribu que vous apprécierez l’espace de cette terrasse en bois…
  3. Créer un sentiment d’urgence : ce produit est très demandé, ne tardez pas à le réserver / 5 consommateurs regardent cette offre en ce moment / notre offre produit est limitée à 10 mobile-homes dans cette catégorie, ne tardez pas à réserver…
  4. Indiquez les bénéfices de votre produit : espace, niveau de confort, silence, ombre…
  5. Dans la tarification proposée, construisez votre moteur (utilisez pleinement les possibilités de votre logiciel de résa et de GRC) avec un prix par personne : soit la semaine à seulement 100 euros par personne, ou encore 14,30 euros par jour et par personne !
  6. Créez une liste à puces pour tous les détails techniques constituant des points forts du produit. Ces détails ne sont pas ceux du constructeur à l’exception des éléments de surface, de climatisation… mais bien des détails qui parlent aux consommateurs : micro-ondes, grill, table pour 6…
  7. Ajoutez à votre fiche produit des mots clefs ou tags faisant référence à des univers de consommations périphériques comme par exemple : apéro, produits du terroir, location vélos…
  8. Ajoutez un accès aux avis clients : votre outil de réservation doit vous le permettre, sinon d’autres outils existent comme l’agrégation des flux Zoover, Tripadvisor ou Trustyou
  9. Développez du contenu référençant et positionnant, en décrivant des types de séjour pour offrir des contenus dans lesquels les consommateurs peuvent se retrouver : une semaine en famille vous offre de nombreuses séquences d’activités en pleine nature et aussi bien des occasions de sieste sur la terrasse… ; vous apprécierez vraiment les sorties viticoles que nous organisons en mai et juin ; que diriez-vous d’un dîner en amoureux en bord de mer ? Nous l’organisons rien que pour vous…
  10. Utilisez tous les supports multimedia comme des photos de vues d’ensemble et de détails, des vidéos pour l’ambiance du camping et pour des sorties, des cartes dynamiques, des podcasts (ah le chant des cigales ou le souffle régulier des vagues), proposez du partage social…